jamais tout à fait 'entiers'

tout ce qui est (encore) confus rend vivant ; tout ce qui émerge dans la charge incarnée et n'irrigue pas assez finement les neurones se perd dans le poids de l'émotion

je suis ainsi... en présence de "lui"—l'être, l'homme, l'humain, venu tout droit du chemin de la découverte et de la préhension

c'est ainsi que la neuro-dynamique s'exfiltre de nos 'corps vécus'—de nos attentions, nos perceptions, nos émotions, nos intuitions, nos sensations, nos somatismes, et que les formulations mathématiques de notre génération s'énoncent dans les sables doux, avant d'accaparer tous les tableaux noirs de la science

c'est ainsi que celle qui ne comprend pas fondamentalement la mathématique tente néanmoins de se glisser dans les-dites Lois de l'incarnation

d'une manière 'non-duelle', expérientielle, en état de présence altéré—amplifié, densifié, décuplé

d'une manière symbolique faisant appel à la représentation créatrice—formelle et onirique

les synthèses sont simples ; les langages poreux et les intentionnalités convergentes

les communions sont palpables et prégnantes, holistiques et remarquables

les émergences nous prennent en des sens de synchronies universelles

nous sommes 'donnés' à connaître... la "psyché de l'univers" : l'envers de nos vies, le nerf de nos mobilités, le sans-fondement de nos vitalités

mon "soi" n'est que "toi", qui me tiens à l'endroit de mon présent vivant

mon "soi" n'existe pas solidement ; il s'accroche à l'évènement que tu es, toi, qui te penches sur moi et qui sollicites une création en moi, en réponse à ta perturbation

nous nous moirons dans des lumières ascendantes et ambrées

comme une fumée

"ni un, ni deux"... nous nous unissons selon des cercles qui ne se heurtent jamais

nous nous achevons dans le feu du milieu et dans l'oxygène blanc qui nous régénère

nos conditions sont habitées ; elles ne font 'sens' que dans l'éphémère des transitions

ainsi ne traduisent-elles que le souffle du liant astral originaire—quand celui-ci est AMOUR

vagues synchrones, ondes harmoniques, fluidités endogènes, danses cosmiques : la cellule agence son autonomie dans l'altérité et se déclare à l'endroit-même où, par l'autre cellule, elle est touchée

que n'ai-je nécessité de toi pour me déclencher en mon identité !?

que n'ai-je eu accès à toi au sein de mes propres répertoires, venus d'antan !? dans des dimensions alors partagées

ta silhouette, tes mouvements, ta prosodie, tes qualia, sont inscrits en moi en de multiples couleurs qui font mon émotion en toi

chaque être se situe en moi en un paysage dominant, qui le caractérise en sa signature archétypique

livrée à eux tous, je parcours le monde... là où je n'irai pas moi-même

cette inter-pénétrabilité, générative des deux côtés, permet aux organismes de s'appuyer les uns sur les autres pour se révéler

avouer qui on est, c'est dire avant cela que seul, on n'est pas ; c'est aussi ajouter que le geste réflexif qui peut-être, un instant, nous définit est celui capable, en une fraction de seconde, d'assembler quelques-unes des bribes de nos mondes éclatés

on n'est jamais tout à fait 'entiers'

cet avénement, chaque fois, est une naissance dans l'actualité—incomplète et transitoire

ainsi sommes-nous des créatures de manque, de précarité, d'appel et de désir — tous génératifs de nos mobilisations, tous originels de nos montées en énergie, en présence, en conscience et en passion

pourquoi me suis-je suspendue à cette pensée ? que j'ai de suite mystérieusement incarnée

comment ai-je perçu ce qu'elle contenait ? et comment dans la foulée l'ai-je attribué à la Vérité ?

les mécaniques élémentaires m'apparaissent en grand ! même si mes loupes intellectuelles sont troubles et grossières, mon instinct, lui, les reconnaît

il sait ce dont il a été séparé—et qu'il appréhende si fort dans le mix détonnant du concept devenu sensible, actif et piquant

des peintures, des schèmes et des graphes ! des couleurs, des organisations et des circularités ! des émergences créatrices, à n'en vivre plus que de cela

c'est magnifier ce dont on est—auquel on appartient et qui nous aiguillonne à le regarder, à le décrire et à l'animer, selon des normes bien orientées

c'est s'enfiler de la bonne manière dans le gant de l'existence—qui, à nous, s'explicite naturellement jusqu'à son origine première, inexistante

comment le penser ?

si ce n'est en conviant le cercle à jamais ; le cercle maternel ; le cercle fécond ; le cercle nourricier ; le cercle rédempteur de nos incompréhensions à un jour "être nés"

s'y conformer, c'est 'se réparer' ; ne pas résister, c'est 's'accoucher' ; c'est permettre à la Vie de s'écouler selon sa propre curiosité

c'est permettre aux flux de se réaliser, de se tromper et de se raffiner

aucune perfection... que de la justesse à éprouver ce qui est dans la puissance et l'authenticité

juste l'adhésion aux phénomènes, en s'incorporant dedans

juste l'attirance pour la subtilité, en la laissant s'épurer

le 'soi dénué de soi' vit librement, sans excuse, mais pas sans 'toi'

l'encouplement est ce qui mène le monde—ce qui le dégage et le leste

dans le temps apparent