si tu te demandes, c'est que moi aussi
ne soyons pas imprudents ; laissons voyager... les impressions, comme le mistral, chargé de grains salés
laissons reposer le quale—la qualité, l'expérience et la subjectivité
je rêve ma vie future en un azur tourmenté par la volupté de la dune et de l'océan
des nuages de traîne comme des voiles fous de mariée, des cheveux enlacés comme par le vent malhabilement tressés, des pas de géant sous l'impulsion iodée de l'inspiration, des rires en pleures comme si l'émotion avait trouvé le nord
aurai-je la force de traverser ce qu'il me reste de chemin jusque là ? et de me bouleverser aussi loin de moi, là
j'écris précisément ce qui m'arrive quand mes pensées encore veulent vivre, quand mes désirs encore se montrent vifs
quand je m'isole dans l'avenir—possible, si dans ma vie, il est bien prévu ; inimaginable, si dans l'écart, il est trop éprouvé
quand je me réfugie dans le deuil de la mort—à violemment me poser dans l'opposé, à éternellement renaître et m'exciter
non, comme l'enfance agitée, mais comme le 'sans-âge' décomplexé—une interrogation lentement surmontée, une résolution soudain libérée ; un linceul subitement ensauvagé dans sa matérialité, si légère en cet endroit