et si la musique manquait à mes textes ? pour qu'ils soient ce qu'ils sont en vrai
il y en a peu parmi vous susceptibles de pouvoir se diriger jusqu'au bout de ces champs minés
peut-être même, n'ai-je qu'un seul lecteur ?
aguerri au tout terrain de la vie psychique, dès lors que celle-ci traverse ses propres morts plusieurs fois dans une vie
je lui adresse ma complicité et mon ronronnement
vivre et mourir, c'est chaque instant ; pourquoi vivons-nous dans l'illusion d'une solidité qui nous fonderait ? pourquoi nous a-t-on désappris le sens même du phénomène que l'on est ? pourquoi, depuis enfant, s'entraîne-t-on à ce point aux mentalisations linéaires de nous-mêmes ?
les civilisations ont tout faux
elles cristallisent ce qui dure et s'enchaîne, dans des mouvements de rupture franche ou de fuite en avant ; elles émergent, oui, mais s'attardent sans disparaître complètement : les travaux de mémoire font le reste
elles traduisent ce qui n'existe pas... l'identité fixe, l'autonomie stable, la nature immuable