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une joie qui s'aime elle-même

que sais-je de la Joie ? c'est un astre froid

une planète maudite, un coude dans la régénération—qui éconduit assurément à la mort ; j'en prends le chemin

la Joie n'existe pas ; je la provoque en vain... elle grandit dans l'équivoque et dans le chagrin

je la lave de mes cheveux trempés et me mouche dans sa commodité

les gens se disent "joyeux", "heureux"—ou pas ; mais que connaissent-ils d'eux ?

on vit sur des 'bouts de nous', qui se dissolvent au hasard et nous perdent en notre milieu

les coïncidences sont des miracles de substitution et les harmonies des merveilles de compensation

tout est faux ! surfait

la Joie n'existe qu'en elle-même—en tant que non-expérimentée de moi, inaccessible dans sa superbe

autosuffisante et brillante, elle se satisfait—sans que j'y entre sincèrement

elle se dynamise au sein de sa propre révolution ; elle se gargarise de ses propres projections ; son ego penche à demi

au coeur de son coeur, je ne m'intègre pas : elle ne me digère pas ; ne s'ouvre pas, ne sourit pas, n'accueille pas