puisque tu ne m'écoutes pas, j'ai envie de te parler... alors que je n'ai plus rien à dire
ma face est saisie ; mes bras sont raidis ; le sang me quitte les jambes... je ne suis plus d'aplomb
comment savoir au-delà de ce que l'on voit ? comment faire sien un paysage qui n'a pas notre 'nature'
les singularités des mondes se subdivisent et, entre elles, aménagent des frontières, amoncèlent des murs
quelque chose d'impénétrable au regard, d'impréhensible à la sensibilité, d'hermétique à la raison
je ne te connais pas—ou qu'à partir de moi
je ne connais pas toutes les lois... qui président à nos enfilades de destin ou d'instantanéité
je ne connais pas les autres en toi—tous ceux que tu portes dans ta sacoche, au bord de tomber
vous mutualisez des morceaux de chair et des lambeaux d'information ; tu gardes un peu d'eux sur ta peau et dans ton cerveau : tu les somatises discrètement, tu les mentalises sommairement ; ils te savent incomplètement nettoyé de leur présence, de la même manière que tu les soignes en te soignant
les liens d'antan se dissolvent dans la réciprocité karmique—qui peu à peu brûle et se consume, heureusement
quelque chose disparaît... pour de bon !