il ne suffit pas de demander pour que la réponse soit
il ne suffit pas de se poser pour connaître là où l'on est
on peut vouloir être honnête et s'emmêler dans les contextes
surtout ne plus 'se diviser'... plus jamais de frère—présomptueux ou orgueilleux
surtout ne pas 'fixer' le duel... plus jamais de soeur—fière ou rebelle
on se veut 'une' et souveraine ; on se pense majeure et vaccinée
on défie le passé, tel qu'il s'est un jour exprimé pour des gnoses révélées
on enracine sa vacuité, telle qu'elle veut bien nous guider pour un présent exacerbé
on hait, on s'accule, on accuse, on subodore, on oublie et on naît—sans plus d'ombres obsessionnelles à nos côtés
on dort, on sort, on discute, on se respecte, on se complète et on se perd—sans plus de pardon entre les veines
les angles sont morts
les perspectives restent entières
de la douleur, on a émergé—saine et robuste ; l'autre à sa gloire, on l'a rendue—vierge et têtue
ce chapitre de l'histoire n'est plus ; ses seuls fruits philosophiques nous ont libérée de l'astreinte et 'élevée' sans plus de plombage ou d'oppression
la leçon est intérieure dans l'éveil du Milieu : le Tout désormais est intègre et ne se laissera plus fracturer
ce que l'on ressent vraiment ? en ces récits inondés, ces narrations brassées, ces épopées noyées
... c'est que la discrétion est la seule valeur ; que, tôt ou tard, le secret exhumé illuminera la légende des tombes et, pour l'autre, 'fera chemin' ; mais que, pour l'heure, aucune beauté ou grandeur ne suffirait à absorber ce qui encore pleure et pleure
les créneaux présents sont serrés, mais existent et vont de l'avant
les livres s'amoncellent peut-être sans rien 'oser'—de sérieux, mais c'est encore pour s'extraire... du ruissellement d'antan, quand les 'anges mauvais' ensemble nous traquaient
les livres diront ce qu'il savent de nos trajets et ce qu'ils endurent de nos regrets
ils se pandiculeront pour traduire 'nos chairs à l'arrêt' : nos éblouissements sincères et nos défiances concrètes ; ils s'articuleront pour engager le geste de réparation et pour réincarner ce qu'en film ils diraient
l'autre ne le pourrait
l'autre est un reflet qui se mire en lui-même, dès lors que son rôle est secondaire
l'autre n'est qu'un ersatz de lave, balayé par le souffle et projeté hors du cratère
s'il s'exposait en son altérité et décidait de cracher la vérité, il risquerait de s'engouffrer lui-même, avant même d'avoir subsisté
d'autres encore ne pourraient mieux l'évoquer... et quand bien même
'un' et seulement 'un' à soi-même
par quoi se laisse-t-on impressionner ? et qu'est-ce que légitimer nos élans, nos irrésolutions ou nos serments ? ce chaos de sagesse ? ou cette jouissance grognon ?
je me retourne, tu me suis ; j'avance, tu n'y es pas ; ou bien est-ce l'inverse ? dans quel sens lie-t-on le jeu ?
investie dans ma prudence, je ralentis ; mesuré dans ta distance, tu progresses
un bout de Gilgamesh et une santé mentale en suspension, c'est tout ce dont je me souviens
je suis ton 'chat'
... qui vadrouille, sans jamais parler aux humains !
... qui émancipe ses terrains, en négligeant de leur plaire
... qui revient, sans prendre le feu-de-bois pour repère
... qui erre dans le poids de tes sacoches et dans la couleur de tes pull-overs
je suis un chat qui rêve de s'affranchir de ses maîtres ; et un serpent qui fantasme en glissant dans leur aura
... je n'ai ni soeur, ni frère
l'indécision lambine là ; et la joie demeure...
ce qui s'écrira, personne ne le 'voudra' ; ce qui se lira, tout le monde se l'arrachera ; comme chaque fois
les irrigations circulent recouvertes de lierre et les racines grimpent l'échelle du ciel
ce que les gens entendront alors sera plus fort qu'un cri par la plume étouffé
... les rumeurs infiltreront les cabinets, de toutes sortes, et les Arts éliront leurs palmes... pour sensibiliser à ce que seule la mort dit
... les querelles seront exsangues dans les chapelles et la surchauffe menaçante dans les hôtels... pour dissoudre la peur que seul l'amour ennuie
peut-on vivre avec 'un spectre' pour soutien ? ce qui ne se dit pas peut-il envahir l'écran et la toile ? autrement que par le commentaire étroit et tremblant
l'oeuvre à la mesure existe-elle ? autrement qu'exilée au sommet de l'inaccessibilité ?
car, que nous donnent à vivre nos appâts ordinaires ? si ce n'est ce qui ne correspond pas à cela
j'ai peur pour toi
... dors dans le noir
et m'éclaire mal dans l'abîme des visions rétrospectives ou dans celle des miroirs altérisés—stressés ou caressés
le devenir m'intéresse—avec ses containers ; je sais le risque qu'il se dédouble dans les postures intermédiaires
la question : te vois-tu dans moi ? et m'intègres-tu dans le désir de ta tribu, cette muraille ?
tout cela est su ; tout cela est tu
inconnu de moi