un moment de réconfort, là où se déverse toute la tendresse de nos heures passées—retenue, compressée, abandonnée, oubliée
parce que l'angoisse des fois présente se fait plus prégnante que le coeur et l'ardeur
parce que le caractère des fois se manifeste plus volontaire que l'attention et l'écoute
parce qu'on coupe !
on s'afflige et on s'inflige... des punitions en s'empêchant de vivre dans sa propre respiration : on la dévie à l'envie, et on s'ennuie
... à ne plus sentir ce qui nous meut, nous creuse ou nous recompose
absent, on s'inscrit "absent" ; on renonce à nos droits et on défie nos devoirs ; on n'argumente même pas ; on accentue notre effacement, on hausse notre ricanement et on abaisse notre pulsation
notre identité s'estompe au profit de notre fantôme, qui n'attend que nous pour dans les limbes exister et errer
on affaiblit notre forme pour la dissoudre dans le sel caustique des flux mutants
on disparaît dans les gémissements pour surtout ne pas devenir "plus grand"
on s'endeuille de misère et de sacrifice, de grimace et de dégoût : notre candeur perd de sa blancheur et de sa fraîcheur ; on se rétracte comme un nautile dans sa gangue millénaire, comme un fossile dans son ancestral mystère
dans les miroirs, on ne voit plus que soi—à mille reflets pâles et discrets, à mille silhouettes tristes et pliées