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sans titre

sans titre

trouver des mots... que l'on n'a pas encore dits ; laisser surgir l'image... que l'on n'a pas encore traduite

s'occuper des autres et épuiser sa propre capacité de rêve

demeurer dans le coeur d'énergie, là où le sol se pénètre encore

avouer et manifester sa fatigue mentale—coupable de passion, d'implication et de satisfaction

fumer

partir dans les nuées : ne même plus imaginer ; se sentir grésiller : obscurcir chaque écran parasité

dormir pour se reconstituer ; en fait, simuler et craquer

les plantes sont plus sages, moins éreintées ; leurs morphogenèses sont plus sincères : même nouées, elles ne tendent que vers la lumière

les nôtres, mises à l'épreuve, sont plus accidentées, plus déglinguées ; elles courent à la fois plusieurs lièvres, sans en attraper finalement aucun

les mots en vis-à-vis

les migraines sont des sirènes d'alerte : elles recyclent les soûleries, les incontinences et les syncopes ; elles synchronisent en un cri l'absence de chaos précédant l'épilepsie ; elles épongent les vices et les conneries

elles informent sur nos poubelles ; lancinent comme des phares ou battent comme des drapeaux : quelque chose se précise d'in-apparent et de 'pas beau'

nous sommes le jour de la Lumière, et je vous parle de cave résiduelle, individuelle

nous sommes un jour de Gloire et de Liberté, et j'amoncelle ce qui, ici et autour, fait souci : j'entends les rumeurs et les polémiques aux environs ; je les susurre comme des poisons sans risquer de me raidir

je me vautre dans le glauque et patauge dans la fange : je n'éclabousse personne !

il me faut ce rituel pour entrer à la verticale de moi-même

les mots sont mes seuls vis-à-vis

des électrochocs de survie, des confessionnaux naturels, des amplificateurs de malaise : feed your demons ! ... qu'ils se taisent

j'embrasse ta peau ; elle me blesse ; elle me laisse un goût de menthe poivrée... qui m'endort

je m'éveille dans un autre monde : là où les chimères s'éteignent et où les zèbres sont tachetés de rouge et de vert