les grandes eaux n'en peuvent plus de ne pas s'éteindre ; elles s'attardent dans l'âge ; elles attaquent le hasard
quelqu'un viendrait-il les considérer ? une main chaude qui s'égarerait dans la fluidité d'un regard
on ne vit que deux fois : une première fois innocemment dans l'exigence, et une seconde fois rugueusement sans s'émouvoir
les eaux, elles, ne renoncent pas ; elles accrochent un bout d'espoir, un espace sous tension, une perspective d'altérité
elles répondent à qui ne veut pas les voir ; et immolent le corps qui n'envisage, lui, que de se reposer
elles l'indisposent en dénaturant ses tissus pour qu'ils produisent encore davantage de fluide odorant
... jusqu'à noyer les sentiments
... jusqu'à submerger les rives encore existantes
... jusqu'à faire dévier les fleuves et les courants, ralentir les horloges et les cadrans
... jusqu'à faire dériver les radeaux de survie dans de vertes prairies, là où jamais ne s'alignent ni les fougères, ni les champignons
... jusqu'au délire le plus suprême, à l'enfantement le plus amère