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les eaux

les grandes eaux n'en peuvent plus de ne pas s'éteindre ; elles s'attardent dans l'âge ; elles attaquent le hasard

quelqu'un viendrait-il les considérer ? une main chaude qui s'égarerait dans la fluidité d'un regard

on ne vit que deux fois : une première fois innocemment dans l'exigence, et une seconde fois rugueusement sans s'émouvoir

les eaux, elles, ne renoncent pas ; elles accrochent un bout d'espoir, un espace sous tension, une perspective d'altérité

elles répondent à qui ne veut pas les voir ; et immolent le corps qui n'envisage, lui, que de se reposer

elles l'indisposent en dénaturant ses tissus pour qu'ils produisent encore davantage de fluide odorant

... jusqu'à noyer les sentiments

... jusqu'à submerger les rives encore existantes

... jusqu'à faire dévier les fleuves et les courants, ralentir les horloges et les cadrans

... jusqu'à faire dériver les radeaux de survie dans de vertes prairies, là où jamais ne s'alignent ni les fougères, ni les champignons

... jusqu'au délire le plus suprême, à l'enfantement le plus amère

à partir de ce qu'il restera de nous

un écran blanc, des lettres noires et un film qui méthodiquement se développe ; y a-t-il encore de la bobine ?

ma virginité n'en viendra pas à bout ; c'est un puits sans fond

ma transparence n'en suspendra pas l'impression ; c'est un mythe vain

on ne parvient jamais à rien ; l'horizon de notre sphère terrestre... toujours plus loin... pour revenir au point d'antan : une naissance ou un enterrement

les cycles s'adaptent ; les systèmes "se sèment" : ils s'engendrent, autant qu'ils se rejettent eux-mêmes

c'est l'évolution

mon enfant, mon rejeton, attend que ma mort me domine

quelque chose respire dans tout cela : s'ouvre et se ferme ; ce qui vit emprunte les atomes du passé pour actualiser ceux du présent

les dynamiques se rechargent, ne faisant apparaître les phénomènes que dans l'explosif, le furtif et le disruptif

on ne retient rien ; tout file bien loin ; nous ne nous voyons pas 'nous écouler', mais pourtant, en nous, tout s'infiltre et se ré-identifie à l'identique, reconstituant notre réseau à la mesure de notre âge et de notre santé