4h53
les lisières n'ont pas donné leurs lois ; je ne les ai reconnues que pour mieux me préserver ; douces et hiératiques, elle ont enveloppé l'endroit
pas un pas
les années... les années ne nous rassemblent que pour nous confondre et interrompre les origines, devenues troubles et fantasques
je me souviens pourtant de mes jours passés, quand les promesses me laissaient rêver, quand muette, je traversais les épaisseurs et les résistances de l'humanité à laquelle j'aspirais
désormais mise au tapis, cette vie coule précieuse et insignifiante entre mes doigts toujours mal agiles
je n'exhorte personne à me regarder—trop embrouillée
j'invite quiconque à rester 'centré', avant d'investir en ces quelques lignes, l'incertitude qui me ronge, la gravité qui me scelle et la liberté qu'il me reste
immortellement 'offerte', je suis
les flaques d'eau salée parsèment le banc de sable où je me suis échouée, sans pouvoir rien suspendre de ma déchéance annoncée
je continue de voyager ; sans personne, je poursuis mon unité... en relation avec l'éternité peuplée—pour moi, re-naturée
régénérée dans l'appel, je réponds à ma démesure, pondérée