un jour au-delà... et tout a basculé dans le berceau initial
un jour par-delà, et le destin... là, tout frais, tout fort... tout plat
je n'envisage pas de me relever ; je m'allonge nûment dans le vrai—dans la droiture des armures, dans l'audace pour l'après
j'entre définitivement dans l'antichambre du repos sans fin des âmes assagies, ou abruties
je l'y rejoins ; c'est presque certain... et c'est sans doute pour cela que j'y vais, inconsciente de mon chagrin, abandonnée à mon entrain
sur la terrasse, seule, face à l'océan tumultueux, j'affronte crument 'mes choix'—ces fichues bestioles que savamment j'ai scrutées, pesées, déstabilisées, puis engagées
sur la terrasse, seule, face à l'océan chaleureux, je lis et contemple 'mes rêves'—ceux d'il y a seulement vingt ans, quand j'écrivais ces poèmes et vivais aux limites de moi-même
je les conçois ce soir comme des appels à l'unisson, comme des envies de rébellion, comme des gestes d'affirmation : les couloirs aux mille portes closes, nous invitent à poursuivre le chemin en eux—rien qu'en eux, jusqu'à l'arrivée frontale, drastique et familière, qui ne pardonne rien, mais qui élève
j'y arrive dans le blanc numineux de mon corps et de ma psyché ; j'y pénètre dans le feu arc-en-ciel de mes bras et de mes maxillaires
j'y accapare le Ciel, lui souriant divinement, apocalyptiquement ; gracieusement, furieusement
je veux !