plus les textes passent, et plus l'échéance approche
plus les perspectives s'enlacent, et plus leur dénouement meurt
je vis 'intriquée' sans plus beaucoup d'inspiration autour ; je vis 'déportée' pour la plus belle des musiques en l'autre
exilée, je pense aux routes sans fin de ceux qui les empruntent sans lendemains certains
leur âme à nu
leur détresse fière
et leurs soubresauts... de survie—jamais d'ennui
ils passent sous ma fenêtre et regardent mes fougères : quels yeux alors je leur fais ? à quelle humanité profonde et terrorisée je m'adresse ?
du fond de mon céladon de salon, je n'offre que de la misère... à ces gens qui ont traversé les mers, et dont la vie vaut mieux qu'un ballon
je vois aussi ces chiens compressés dans ces cages grillagées—l'attitude prostrée et terrifiée dans la douleur et la peur
je prends et je meurs : je résiste, mais me lisse dans la torpeur ; l'angoisse me communique leurs cris—dès lors qu'encore ils vivent
... l'angoisse se répand dans mes veines : je ne peux contrer ses lois, ni refouler sa plainte