mon coeur brûle... à petit feu, les braises gonflées encore intactes
je m'endors dans le fluide solaire de nos âmes entre guerre et paix
le silence me gagne ; ma peau s'apaise... et tout s'alite, s'évanouit et se régénère
les détentes sont le signe d'accords qui se reforment en mers, comme en montagnes
ainsi, je m'évide, me soulève et me dilate en ondes circulaires, chaudes et nacrées : en fait, c'est plein
ma joie danse, reposée, allégée, magnifiée, immolée... à la Flamme du Ciel
je fais simple... je fais court... je rythme le secours de ces lignes qui me disent que tu n'es pas parti... loin
j'imagine les vols d'aigles, amples, lisses et sereins, lancés sur des kilomètres sans nuages aucuns
j'imagine ta dernière demeure : le bois qui craque, l'odeur de cendres, la glisse sur le parquet, les pas dans l'escalier
tu es heureux ; ce gîte est fameux—couvert de rosée, tapissé de rosiers et croulant sous les noix ; à moins que les loirs n'en aient fait leur festin
je n'y suis pas