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la mer nous rejette, pour que l'on soit 'droit'


jaune comme la Joie !... 'Joie dans la Joie', je ne sais pas

les résistances m'abandonnent en nulle part—là où je ne sais où

je n'ai jamais su à proprement parler être 'joyeuse', ou ne jamais bien comprendre le code vécu de cette émotion-là

je conçois seulement que si l'on se détend, on entre quelque part ; et qu'être 'heureux' rend confiant, innocent, accueillant, jaillissant, et par conséquent, 'joyeux'

se laisser aller, c'est adhérer à la symbiose du fond et de la forme ; à l'énergétique couplée du phénomène humain, là devant soi

c'est glisser, dévaler, sombrer, disparaître... dans ce lieu commun à toi et à moi

c'est succomber au rythme et harmoniser ses forces pour une émergence 'une', cristallisée dans le nerf de la Félicité

peut-être suis-je une grande solitaire ? peut-être tout m'est-il difficile ?... mes habitudes m'ont-elles définitivement écartée du chemin à deux ? 'rencontrer' est rare et fastidieux

s'investir est délicieux, mais le sommet se savoure-t-il ensemble ? si l'image n'est pas au-point

je me suis embarquée dans de grands voyages, au fil de paysages prodigieux, époustouflants ! que j'ai rarement observés de près

et je leur dis "merci"

mon coeur brûle... à petit feu, les braises gonflées encore intactes

je m'endors dans le fluide solaire de nos âmes entre guerre et paix

le silence me gagne ; ma peau s'apaise... et tout s'alite, s'évanouit et se régénère

les détentes sont le signe d'accords qui se reforment en mers, comme en montagnes

ainsi, je m'évide, me soulève et me dilate en ondes circulaires, chaudes et nacrées : en fait, c'est plein

ma joie danse, reposée, allégée, magnifiée, immolée... à la Flamme du Ciel

je fais simple... je fais court... je rythme le secours de ces lignes qui me disent que tu n'es pas parti... loin

j'imagine les vols d'aigles, amples, lisses et sereins, lancés sur des kilomètres sans nuages aucuns

j'imagine ta dernière demeure : le bois qui craque, l'odeur de cendres, la glisse sur le parquet, les pas dans l'escalier

tu es heureux ; ce gîte est fameux—couvert de rosée, tapissé de rosiers et croulant sous les noix ; à moins que les loirs n'en aient fait leur festin

je n'y suis pas

et la joie demeure...

il ne suffit pas de demander pour que la réponse soit

il ne suffit pas de se poser pour connaître là où l'on est

on peut vouloir être honnête et s'emmêler dans les contextes

surtout ne plus 'se diviser'... plus jamais de frère—présomptueux ou orgueilleux

surtout ne pas 'fixer' le duel... plus jamais de soeur—fière ou rebelle

on se veut 'une' et souveraine ; on se pense majeure et vaccinée

on défie le passé, tel qu'il s'est un jour exprimé pour des gnoses révélées

on enracine sa vacuité, telle qu'elle veut bien nous guider pour un présent exacerbé

on hait, on s'accule, on accuse, on subodore, on oublie et on naît—sans plus d'ombres obsessionnelles à nos côtés

on dort, on sort, on discute, on se respecte, on se complète et on se perd—sans plus de pardon entre les veines

les angles sont morts

les perspectives restent entières

une joie qui s'aime elle-même

que sais-je de la Joie ? c'est un astre froid

une planète maudite, un coude dans la régénération—qui éconduit assurément à la mort ; j'en prends le chemin

la Joie n'existe pas ; je la provoque en vain... elle grandit dans l'équivoque et dans le chagrin

je la lave de mes cheveux trempés et me mouche dans sa commodité

les gens se disent "joyeux", "heureux"—ou pas ; mais que connaissent-ils d'eux ?

on vit sur des 'bouts de nous', qui se dissolvent au hasard et nous perdent en notre milieu

les coïncidences sont des miracles de substitution et les harmonies des merveilles de compensation

tout est faux ! surfait

la Joie n'existe qu'en elle-même—en tant que non-expérimentée de moi, inaccessible dans sa superbe

autosuffisante et brillante, elle se satisfait—sans que j'y entre sincèrement

elle se dynamise au sein de sa propre révolution ; elle se gargarise de ses propres projections ; son ego penche à demi

au coeur de son coeur, je ne m'intègre pas : elle ne me digère pas ; ne s'ouvre pas, ne sourit pas, n'accueille pas

avec mes mains posées

l'écran est blanc ; moi aussi, dedans... ; j'écoute les paroles : "regardez-moi !... voilà... voilà... voila..."

et je souris ; pourquoi ?...  c'est l'écho, d'elle à eux ; et de vous à moi

quelque chose 'revient' dans ce corps tout fin, dans ce geste balancé, dans cette vocale précise et assurée

quelque chose que je ne suis pas ; ni dans la tonalité lâchée, ni dans la variation coulée

elle ose, tant pis ! elle se lance... pour retomber en vous—qui pâlement la reflétez et qui euphoriquement l'applaudissez

j'aimais la scène

avec vous je communiais chaque fois

passée de l'autre côté ; celui de l'écrit... qui, à voix ouverte, vous lit

ma question : peut-on AIMER, avec ses mains, celui qui porte son histoire à bras-le-corps ?

les illusions m'encombrent