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la mer nous rejette, pour que l'on soit 'droit'


jaune comme la Joie !... 'Joie dans la Joie', je ne sais pas

les résistances m'abandonnent en nulle part—là où je ne sais où

je n'ai jamais su à proprement parler être 'joyeuse', ou ne jamais bien comprendre le code vécu de cette émotion-là

je conçois seulement que si l'on se détend, on entre quelque part ; et qu'être 'heureux' rend confiant, innocent, accueillant, jaillissant, et par conséquent, 'joyeux'

se laisser aller, c'est adhérer à la symbiose du fond et de la forme ; à l'énergétique couplée du phénomène humain, là devant soi

c'est glisser, dévaler, sombrer, disparaître... dans ce lieu commun à toi et à moi

c'est succomber au rythme et harmoniser ses forces pour une émergence 'une', cristallisée dans le nerf de la Félicité

peut-être suis-je une grande solitaire ? peut-être tout m'est-il difficile ?... mes habitudes m'ont-elles définitivement écartée du chemin à deux ? 'rencontrer' est rare et fastidieux

s'investir est délicieux, mais le sommet se savoure-t-il ensemble ? si l'image n'est pas au-point

je me suis embarquée dans de grands voyages, au fil de paysages prodigieux, époustouflants ! que j'ai rarement observés de près

un jour au-delà

un jour au-delà... et tout a basculé dans le berceau initial

un jour par-delà, et le destin... là, tout frais, tout fort... tout plat

je n'envisage pas de me relever ; je m'allonge nûment dans le vrai—dans la droiture des armures, dans l'audace pour l'après

j'entre définitivement dans l'antichambre du repos sans fin des âmes assagies, ou abruties

je l'y rejoins ; c'est presque certain... et c'est sans doute pour cela que j'y vais, inconsciente de mon chagrin, abandonnée à mon entrain

sur la terrasse, seule, face à l'océan tumultueux, j'affronte crument 'mes choix'—ces fichues bestioles que savamment j'ai scrutées, pesées, déstabilisées, puis engagées

sur la terrasse, seule, face à l'océan chaleureux, je lis et contemple 'mes rêves'—ceux d'il y a seulement vingt ans, quand j'écrivais ces poèmes et vivais aux limites de moi-même

je les conçois ce soir comme des appels à l'unisson, comme des envies de rébellion, comme des gestes d'affirmation : les couloirs aux mille portes closes, nous invitent à poursuivre le chemin en eux—rien qu'en eux, jusqu'à l'arrivée frontale, drastique et familière, qui ne pardonne rien, mais qui élève

j'y arrive dans le blanc numineux de mon corps et de ma psyché ; j'y pénètre dans le feu arc-en-ciel de mes bras et de mes maxillaires

j'y accapare le Ciel, lui souriant divinement, apocalyptiquement ; gracieusement, furieusement

je veux !

c'est doux... je touche le mur

c'est doux

c'est tout... c'est entre nous ; c'est fou... joyeux et ultime ; on se croirait arrivés 'chez nous', cette terre de ressources dans la Lumière

on l'écrit parce qu'on le vit : tu m'as dit que 'tu y étais' et je t'ai répondu que 'je pouvais'

l'accord parfait

une vocation pour le rêve emmitouflé ? ou bien seulement pour le sublime en soi-même : on creuse le tunnel et les chants sont là

seul, on n'est pas ; seul, on restera — parce que toi, c'est moi

ce que l'on partage, c'est qu'ensemble on le sent, on le pense ; on le vibre, on le respire

c'est l'harmonie de l'univers : la Joie pour toi qui se déclenche dans la mienne—petite, mais de moins en moins "misère"

le rayons sont solaires sur la mer claire ; les bleus de l'eau au ciel s'échelonnent et se libèrent ; les verts des algues aux poissons se cherchent et se miroitent ; les violets du nocturne au surnaturel plongent et inspectent : nous sommes encore 'chez nous'

se connaître "éveillé", c'est s'ancrer dans la veine du Mystère et dériver au fil de la Matière—"subtile" en nos réverbères

je me libère...

écrire, est-ce s'échapper ? vivre en dehors du décors ?... ou bien s'activer sur scène ? en pleines splendeur et misère ?

écrire, est-ce s'élancer ? partir à la conquête ?... ou bien se rétracter ? reconquérir son nid ?

j'avoue que je ne sais

si les regards autour de moi un jour se croisent, c'est que la diffusion se sera révélée 'actuelle' et que le noyau aura fait cible en autrui

si alors on vit mieux ; si alors on meurt mieux... c'est que l'espace au milieu aura gagné sur l'insuffisance autour

si une fois, une seule, l'important ouvre la voie... c'est qu'entre nous, 'la communion' sera manifestée à la mesure des métamorphoses essentielles et pérennes

ensemble, nous mutons ; ensemble, nous engendrons ce qui nous fait disparaître 'à nous-mêmes'

d'un même souffle, nous bougeons ; en un même flux, nous évoluons ; indéfiniment, nous poursuivons... ce qui dans le temps s'use en existant

de la poudre de ciel, de la poussière de sol... et de l'éclat instantané

on s'oublie, pour en soi-même surgir charnellement à ses pensées

on se perd, pour en l'autre absorber le bouillon des manifestations

une joie qui s'aime elle-même

que sais-je de la Joie ? c'est un astre froid

une planète maudite, un coude dans la régénération—qui éconduit assurément à la mort ; j'en prends le chemin

la Joie n'existe pas ; je la provoque en vain... elle grandit dans l'équivoque et dans le chagrin

je la lave de mes cheveux trempés et me mouche dans sa commodité

les gens se disent "joyeux", "heureux"—ou pas ; mais que connaissent-ils d'eux ?

on vit sur des 'bouts de nous', qui se dissolvent au hasard et nous perdent en notre milieu

les coïncidences sont des miracles de substitution et les harmonies des merveilles de compensation

tout est faux ! surfait

la Joie n'existe qu'en elle-même—en tant que non-expérimentée de moi, inaccessible dans sa superbe

autosuffisante et brillante, elle se satisfait—sans que j'y entre sincèrement

elle se dynamise au sein de sa propre révolution ; elle se gargarise de ses propres projections ; son ego penche à demi

au coeur de son coeur, je ne m'intègre pas : elle ne me digère pas ; ne s'ouvre pas, ne sourit pas, n'accueille pas

mon nez me piquera

de prime abord, c'est un astre ; circonscrit dans son aura et distant de moi

jaune solaire et enveloppé d'un éther blanc irradiant, il brûle constamment

en lui, apparents, des anneaux de plus en plus petits—marquant le creusement de la perspective

je suis ce tunnel de feu ; je l'emprunte courageusement, car il m'est étranger ; et cela, je ne sais pourquoi

c'est la joie... la simple joie, illuminée là, juste pour moi

environnée de chaud, dans le respect de ma personne, je progresse dans le vortex ; j'accède au 'duo' : car la nébuleuse est double

pas d'embrasement sans altérité

le nuage se combine à la manière d'une complexité cellulaire naissante ; j'entre dans la zone de fusion interstitielle

... et soudain 'je disparais' ! me pulvérise en myriades d'atomes libres

l'union crée le trois—mais ce ne sera pas moi, qui ne suis plus

"not one, not two"—j'apprends la Vie de l'univers