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et je leur dis "merci"

mon coeur brûle... à petit feu, les braises gonflées encore intactes

je m'endors dans le fluide solaire de nos âmes entre guerre et paix

le silence me gagne ; ma peau s'apaise... et tout s'alite, s'évanouit et se régénère

les détentes sont le signe d'accords qui se reforment en mers, comme en montagnes

ainsi, je m'évide, me soulève et me dilate en ondes circulaires, chaudes et nacrées : en fait, c'est plein

ma joie danse, reposée, allégée, magnifiée, immolée... à la Flamme du Ciel

je fais simple... je fais court... je rythme le secours de ces lignes qui me disent que tu n'es pas parti... loin

j'imagine les vols d'aigles, amples, lisses et sereins, lancés sur des kilomètres sans nuages aucuns

j'imagine ta dernière demeure : le bois qui craque, l'odeur de cendres, la glisse sur le parquet, les pas dans l'escalier

tu es heureux ; ce gîte est fameux—couvert de rosée, tapissé de rosiers et croulant sous les noix ; à moins que les loirs n'en aient fait leur festin

je n'y suis pas

mon nez me piquera

de prime abord, c'est un astre ; circonscrit dans son aura et distant de moi

jaune solaire et enveloppé d'un éther blanc irradiant, il brûle constamment

en lui, apparents, des anneaux de plus en plus petits—marquant le creusement de la perspective

je suis ce tunnel de feu ; je l'emprunte courageusement, car il m'est étranger ; et cela, je ne sais pourquoi

c'est la joie... la simple joie, illuminée là, juste pour moi

environnée de chaud, dans le respect de ma personne, je progresse dans le vortex ; j'accède au 'duo' : car la nébuleuse est double

pas d'embrasement sans altérité

le nuage se combine à la manière d'une complexité cellulaire naissante ; j'entre dans la zone de fusion interstitielle

... et soudain 'je disparais' ! me pulvérise en myriades d'atomes libres

l'union crée le trois—mais ce ne sera pas moi, qui ne suis plus

"not one, not two"—j'apprends la Vie de l'univers

j'écris comme 'je désire'

chacun a beau vivre dans sa cellule, chacun rêve de l'autre dans les replis de sa candeur ou de son anxiété

on est tous des êtres rapprochés et isolés, doux et acariâtres, graciés et condamnés

on est tous un peu soi-même 'mélangé' dans l'incertitude des situations et dans le chaos ambiant

on s'endort sans savoir complètement et on se réveille encore plus dans la confusion

notre porosité produisant mille reflets attractifs illusionne notre carapace dorée et nous plonge dans la mousse

je suis le crabe qui veut survivre à cela, sans s'ébouillanter dans la vase

je suis aussi le sphinx qui considère tout cela en maître, et règne sans hésitation

je suis la présence et l'absence, l'envers et son contraire dans les perceptions que je véhicule

et je t'habite en clignotant—une alerte qui se grippe constamment, une extinction qui sursaute imprudemment

tu

tu t'arrêtes à mes côtés et me demandes ce que mon songe éveillé m'a apporté

tu t'adresses à 'mon entité'—celle qui nous enlace

ma vacuité

du vent ; un semblant d'annonce, et puis plus rien

la vacuité peut être 'pleine'—dès lors qu'elle dynamise et grossit les phénoménalités au fil d'un flux changeant

la vacuité peut être 'vide'—dès lors qu'elle n'accroche rien d'autre que son ombre portée, sans relier, ni générer

la mienne pique-nique dans les pâquerettes, s'attarde dans les forêts, flâne dans les blés, savoure les ciels et s'adonne à la bicyclette

ma vacuité ne veut pas entendre parler de sa condition vaine et démodée, fade et fanée ; elle s'illusionne dans le présent et le fait 'émerger' !

elle est machine-à-broyer l'ascèse et l'ennui, le doute et le tourment ; elle active mes aléas de parcours et désamorce mes bombes au long court

elle permet à l'existence de naître et de se renouveler, de semer et de germer ; de se flétrir et de se ressourcer, de désespérer et de réapparaître

elle embarrasse les complexités faciles et facilite les gratuités anodines

tenace, à l'identique et authentique, elle se reproduit—indifférente

... aux commentaires et aux sermons, aux thèses et aux dictons

immortellement 'offerte'

4h53

les lisières n'ont pas donné leurs lois ; je ne les ai reconnues que pour mieux me préserver ; douces et hiératiques, elle ont enveloppé l'endroit

pas un pas

les années... les années ne nous rassemblent que pour nous confondre et interrompre les origines, devenues troubles et fantasques

je me souviens pourtant de mes jours passés, quand les promesses me laissaient rêver, quand muette, je traversais les épaisseurs et les résistances de l'humanité à laquelle j'aspirais

désormais mise au tapis, cette vie coule précieuse et insignifiante entre mes doigts toujours mal agiles

je n'exhorte personne à me regarder—trop embrouillée

j'invite quiconque à rester 'centré', avant d'investir en ces quelques lignes, l'incertitude qui me ronge, la gravité qui me scelle et la liberté qu'il me reste

immortellement 'offerte', je suis

les flaques d'eau salée parsèment le banc de sable où je me suis échouée, sans pouvoir rien suspendre de ma déchéance annoncée

je continue de voyager ; sans personne, je poursuis mon unité... en relation avec l'éternité peuplée—pour moi, re-naturée

régénérée dans l'appel, je réponds à ma démesure, pondérée