chacun a beau vivre dans sa cellule, chacun rêve de l'autre dans les replis de sa candeur ou de son anxiété
on est tous des êtres rapprochés et isolés, doux et acariâtres, graciés et condamnés
on est tous un peu soi-même 'mélangé' dans l'incertitude des situations et dans le chaos ambiant
on s'endort sans savoir complètement et on se réveille encore plus dans la confusion
notre porosité produisant mille reflets attractifs illusionne notre carapace dorée et nous plonge dans la mousse
je suis le crabe qui veut survivre à cela, sans s'ébouillanter dans la vase
je suis aussi le sphinx qui considère tout cela en maître, et règne sans hésitation
je suis la présence et l'absence, l'envers et son contraire dans les perceptions que je véhicule
et je t'habite en clignotant—une alerte qui se grippe constamment, une extinction qui sursaute imprudemment
tu
tu t'arrêtes à mes côtés et me demandes ce que mon songe éveillé m'a apporté
tu t'adresses à 'mon entité'—celle qui nous enlace