Affichage des articles dont le libellé est presence. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est presence. Afficher tous les articles

... pas la jonction

plus les textes passent, et plus l'échéance approche

plus les perspectives s'enlacent, et plus leur dénouement meurt

je vis 'intriquée' sans plus beaucoup d'inspiration autour ; je vis 'déportée' pour la plus belle des musiques en l'autre

exilée, je pense aux routes sans fin de ceux qui les empruntent sans lendemains certains

leur âme à nu

leur détresse fière

et leurs soubresauts... de survie—jamais d'ennui

ils passent sous ma fenêtre et regardent mes fougères : quels yeux alors je leur fais ? à quelle humanité profonde et terrorisée je m'adresse ?

du fond de mon céladon de salon, je n'offre que de la misère... à ces gens qui ont traversé les mers, et dont la vie vaut mieux qu'un ballon

je vois aussi ces chiens compressés dans ces cages grillagées—l'attitude prostrée et terrifiée dans la douleur et la peur

je prends et je meurs : je résiste, mais me lisse dans la torpeur ; l'angoisse me communique leurs cris—dès lors qu'encore ils vivent

... l'angoisse se répand dans mes veines : je ne peux contrer ses lois, ni refouler sa plainte

on ne vit que dans les rebonds

c'est comme si j'avais tout dit

comme si, groggy, une armée entière de soldats regagnait dispersée sa caserne pour un temps de repos, d'entraînement et de réserve

comme si, lasse, une envolée d'oiseaux gigantesques écourtait soudain sa migration subsaharienne pour un ciel d'azur plus tranquille

improbable, et sans doute trompeur

tout est en ordre, ou presque

au moins une fois, chaque mot courant que j'emploie a été soulevé, soupesé, évalué et livré

au moins une fois, je me serais tracassée et irritée, butée et surmenée, peinée et bouleversée... pour un bout de campement déserté

habité par moi seule et nourri de mes voeux

j'y vis en ermite et me relie... au plus que divin

j'y enracine mes arbres et lance mes fusées ; j'y argumente mes mystères et délire à propos de mes escargots

j'y patine mon chemin et cire tous les parquets ; j'y attends que la porte s'ouvre et que se montrent les vautours

mais encore 'en vie' je suis