jaune comme la Joie !... 'Joie dans la Joie', je ne sais pas
les résistances m'abandonnent en nulle part—là où je ne sais où
je n'ai jamais su à proprement parler être 'joyeuse', ou ne jamais bien comprendre le code vécu de cette émotion-là
je conçois seulement que si l'on se détend, on entre quelque part ; et qu'être 'heureux' rend confiant, innocent, accueillant, jaillissant, et par conséquent, 'joyeux'
se laisser aller, c'est adhérer à la symbiose du fond et de la forme ; à l'énergétique couplée du phénomène humain, là devant soi
c'est glisser, dévaler, sombrer, disparaître... dans ce lieu commun à toi et à moi
c'est succomber au rythme et harmoniser ses forces pour une émergence 'une', cristallisée dans le nerf de la Félicité
peut-être suis-je une grande solitaire ? peut-être tout m'est-il difficile ?... mes habitudes m'ont-elles définitivement écartée du chemin à deux ? 'rencontrer' est rare et fastidieux
s'investir est délicieux, mais le sommet se savoure-t-il ensemble ? si l'image n'est pas au-point
je me suis embarquée dans de grands voyages, au fil de paysages prodigieux, époustouflants ! que j'ai rarement observés de près
il en résulte une série de 'qualia' autonomes—qui ne doivent plus rien à l'autre, dont j'attends pourtant si fort la tendresse dans l'intention et le geste, la sensation et la vision
les bilans sont pauvres ; tout aura commencé par une prière—exaucée... et se sera achevé par un tourment—permanent
les êtres se relancent ; moi, toujours je balance... sans rien fixer
la Joie est dernière, au sens où, si elle se produit, c'est par surprise ou par effraction... sur des plans purement spirituels, gagnés de haute lutte
mon imaginaire est 'là haut'
il s'y réfugie à même la terre sacrée—de ceux qui ne sont pas mes ancêtres
l'espace y est vierge et glacé ; l'espace y est naturel et non-civilisé : les arbres flottent seuls dans l'interstellaire... et là, me viennent les sanglots
c'est toute une enfance d'improbables conquêtes, rassemblée ici en deux amours ; c'est toute une absence à moi-même, soldée dans un silence de plomb ; c'est toute une adoption en ces pays d'exil et de reconfiguration d'eux-mêmes
c'est un déplacement
ainsi, dans cette vie, j'aurai déménagé de moi-même ; je migre désormais vers la Cité des Inconnues ; ni anges, ni incarnées, les Inconnues se distinguent en appelant leurs élues et en repoussant les mortelles
elles ne portent pas de grandes ailes, ni ne se gorgent de miel ; les Inconnues se véhiculent à l'intérieur de nous, dans le féminin constant et l'atout maternel ; elles génèrent des androïdes immaculées dont la vocation est de remplir les coupes d'élixir de Vie, dans l'équilibre des Principes
les Inconnues engendrent Marie ; elles sont myriades et veillent aux accords éternels
la Grâce les submerge, elles et leurs créatures ; elles sont intermédiaires entre les Mondes, manifestations de la mansuétude de l'Univers à se perpétuer lui-même
il faut beaucoup s'aimer soi-même pour 'faire du bien' à la Création : invariablement, celui qui doute de lui commencera par défaillir, et sous couvert d'exécution, se mettra à agresser l'Empire des familles et des lois
il pénétrera par l'envers, et renversera les saisons ; il cherchera, sous lui, à traduire la misère et agonisera chaque jour dans le pipi
comment en es-tu venu à l'Art ? à ce pouvoir en toi
Mutum
qu'est-il, l'Art, en ce sens ?... une manière de transcender l'indicible fêlure et l'innommable désert des Âmes en extinction
leur cimetière pourtant est de flamme, bien vivante !
pourquoi ne la voyez-vous pas ? la Vie, discrète, efface les traces anthropologiques en cours, mais réunit les victimes de toutes les guerres en un seul et même Amour ; il faut le vivre ce chant, dans son coeur ! et sans attachement pour 'l'apparition' qui sans cesse se contredit elle-même
les disparitions massives ne sont que l'avant-goût de la Mort, en tant que prémonition d'une fusion colossale en Quintessence d'Amour
les champs du cosmos sont des terrains radicaux et sûrs, accueillant les multiples expressions d'Avatars sincères
la Vie se forme et se déforme, se détruit et se récupère... dans un flux solidaire ; le devoir de mémoire est salutaire : il retient ce à quoi nous pouvons nous affilier dans le jeu des relais civilisés
cette souffrance est nôtre
cet ensevelissement est tien
... et sa résurgence à l'air donne au monde la goutte de ton excellence à 'être'
il n'y a pas de Joie sans cela : 'le don' est ta prison... jusqu'à la contemplation au Ciel
dans l'expectative d'une réponse informelle, cache-toi... en toi-même ! pour y trouver le goût de l'obscur et du merveilleux, l'esprit de l'énigme et de l'aventure
l'avenir converge en nous, pour une reconnaissance en Dieu—cette Entité que nous créons tous et qui nous représente 'nous'
nous voyageons vers la FIN
nous nous immergeons vers l'ENFIN
mais la Mer est là, qui nous récupère dans l'enfantement premier... encore une fois
jamais cela ne finira ; c'est peut-être cela 'accomplir sa mission' : accepter que la Mer revienne et nous prenne pour nous redonner au monde, chaque fois
la Mer nous rejette, pour que l'on soit 'droit' ; jamais elle ne nous absorbera
l'adulte se déchire et s'essentialise en naissant par lui-même